Exécution d'un jugement civil étranger (divorce, dette...) en France
Fiche pratique
Vérifié le 8 octobre 2024 – Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)
Vous voulez faire exécuter en France un jugement rendu à l'étranger ? La procédure diffère selon qu'il a été rendu au sein de l'Union européenne (UE) hors Danemark ou non . Nous vous présentons les informations à connaître.
Sélectionnez votre situation :
Au sein de l'UE
Comment faire exécuter en France une décision en matière de divorce, droit de garde, droit de visite...) ?
Les formalités dépendent de la date à laquelle la juridiction étrangère est saisie.
Sélectionnez votre cas :
Juridiction étrangère saisie avant le 1er août 2022
Pour forcer l'autre partie à respecter une décision étrangère (faire respecter le droit de visite et d'hébergement d'un parent, forcer le retour d'un enfant...), vous devez saisir le président du tribunal judiciaire.
Vous devez présenter une requête aux fins de constatation de la force exécutoire.
Le tribunal judiciaire compétent est :
- Celui où demeure le demandeur
- Ou celui où se trouve le lieu de résidence habituelle de l'enfant
- Ou celui où doit s'exercer le droit de visite fixé par la décision.
Tribunal judiciaire ou tribunal de proximité
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Ministère chargé de la justice
Pièces à fournir
La requête doit être adressée en double exemplaire au président du tribunal judiciaire.
L'avocat n'est pas obligatoire.
Cette requête doit être accompagnée notamment d'une expédition de la décision étrangère et du certificat de titre européen exécutoire.
Ce certificat est délivré par la juridiction ou l'autorité étrangère ayant rendu la décision à exécuter.
Une traduction en français de la décision et du certificat peut être exigée. Cette traduction est faite par un traducteur agréé. Les frais de traduction doivent être payés par le demandeur.
Notification de la décision
Le président du tribunal rend une décision qui constate la force exécutoire.
Cette décision vous est d'abord remise ou notifiée par lettre recommandée avec demande d'avis de réception.
Vous devez ensuite la signifier à la partie contre laquelle l'exécution est demandée.
Recours contre la décision constatant la force exécutoire
La décision du président du tribunal judiciaire peut être contestée en faisant appel dans le délai d'1 mois à compter de la signification.
Cour d'appel
Cour d'appel de Bordeaux
PLACE DE LA REPUBLIQUE
33000 BORDEAUX
Horaires d'ouverture
- Lundi au vendredi : 08h30 – 12h00, 13h00 – 17h00
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Ministère chargé de la justice
Un pourvoi en cassation est possible contre la décision rendue par la cour d'appel. C'est une voie de recours qui vise à contester une décision de justice contraire à la loi.
Cour de cassation
Juridiction étrangère saisie après le 1er août 2022
La décision rendue à l'étranger s'exécute directement en France sans démarche préalable. Par exemple une décision allemande qui accorde au père résidant en France un droit de visite sur son enfant, s'exécute sans formalité.
Que faire en cas de difficulté d'exécution ?
Vous pouvez saisir le président du tribunal judiciaire pour faire constater que la décision étrangère peut s'exécuter en France ou vous opposer à cette exécution.
L'avocat est obligatoire.
Le tribunal judiciaire compétent est :
- Celui où demeure le demandeur
- Ou celui où se trouve le lieu de résidence habituelle de l'enfant
- Ou celui où doit s'exercer le droit de visite fixé par la décision.
Tribunal judiciaire ou tribunal de proximité
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Ministère chargé de la justice
Comment faire exécuter en France une décision concernant les biens (pension alimentaire, dette...) ?
Vous pouvez faire exécuter en France une décision rendue à l'étranger au moyen d'un titre exécutoire européen ou d'une déclaration constatant la force exécutoire.
Le titre exécutoire européen concerne les créances incontestées (le règlement d'une facture par exemple).
Dans les autres cas, vous devez saisir le directeur de greffe du tribunal judiciaire d'une requête aux fins de constatation de la force exécutoire.
Sélectionnez votre cas :
Titre exécutoire européen
Le titre exécutoire européen permet d'obtenir une exécution rapide et effective d'une créance transfrontalière, c'est-à-dire entre un créancier européen et un débiteur qui réside en France. Il permet la libre circulation de la décision étrangère en France. La créance ne doit plus faire l'objet d'un recours dans le pays d'origine.
Vous pouvez obtenir ce titre exécutoire européen auprès de l'autorité judiciaire étrangère (tribunal, notaire...).
Vous devez par la suite l'envoyer au commissaire de justice qui est chargé de l'exécution de cette décision en France.
Le commissaire de justice compétent est celui du domicile du débiteur ou celui où se situe le bien.
Commissaire de justice (anciennement huissier de justice et commissaire-priseur judiciaire)
Vous devez accompagner ce titre exécutoire européen d'une copie de la décision originale.
Une traduction en français de la décision peut être exigée. Cette traduction est faite par un traducteur agréé. Les frais de traduction doivent être payés par avance par le demandeur.
Déclaration constatant la force exécutoire
Cette procédure simplifiée se déroule devant le directeur de greffe du tribunal judiciaire. Elle consiste à lui demander de constater le caractère exécutoire d'une décision rendue en Europe.
Elle peut être utilisée en matière civile et commerciale (créance, contrat, dommages et intérêts...).
Le recours à un avocat n'est pas obligatoire.
Si vos ressources ne sont pas suffisantes, vous pouvez demander à bénéficier de l'aide juridictionnelle pour prendre en charge tout ou partie des frais d'avocat et de commissaire de justice.
Vous devez saisir le directeur de greffe du Tribunal judiciaire d'une requête.
Le tribunal judiciaire compétent est celui du domicile de la partie condamnée.
Tribunal judiciaire ou tribunal de proximité
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Ministère chargé de la justice
La requête est déposée en double exemplaire.
Elle est accompagnée d'une expédition de la décision rendue à l'étrangeret du certificat de titre européen exécutoire.
Ce certificat est délivré par la juridiction ou l'autorité ayant rendu la décision à exécuter.
Une traduction en français de la décision et du certificat peut être exigée. Cette traduction est faite par un traducteur agréé. Les frais de traduction doivent être payés par avance par le demandeur.
Attention
Si la décision étrangère concerne des difficultés d'exécution en matière alimentaire (pension alimentaire), vous devez saisir directement le président du tribunal judiciaire de votre requête.
Si le certificat n'est pas produit, le directeur de greffe peut accorder un délai pour que le requérant puisse le lui fournir. Il peut aussi accepter un document équivalent ou en dispenser le demandeur.
Le directeur de greffe délivre une déclaration qui constate la force exécutoire.
Cette déclaration est remise directement au demandeur ou notifiée par lettre recommandée avec demande d'avis de réception.
Elle doit par la suite être signifiée à la partie contre laquelle l'exécution est demandée.
Vous pouvez contester la décision du directeur de greffe qu'il ait accepté ou rejeté votre requête. La partie contre laquelle l'exécution est demandée peut également exercer ce recours.
Le recours s'exerce devant le président du tribunal judiciaire.
Tribunal judiciaire ou tribunal de proximité
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Ministère chargé de la justice
Un pourvoi en cassation est possible contre la décision rendue par le président du tribunal judiciaire. Cette voie de recours vise à contester une décision de justice contraire à la loi.
Cour de cassation
Hors UE
Une décision de justice rendue hors de l'Union européenne ne s'applique pas directement en France. Pour cela elle doit faire l'objet d'une procédure d'exequatur.
Qu'est-ce qu'une exequatur ?
Cette procédure permet de demander au juge français de donner force exécutoire à la décision étrangère. Il ne modifie pas le contenu de la décision rendue à l'étranger. Il vérifie seulement qu'elle peut s'appliquer en France.
Le juge français accorde l'exequatur uniquement si les 3 conditions suivantes sont réunies :
- Le jugement étranger a été rendu par une autorité judiciaire étrangère compétente
- Le jugement n'est pas contraire à l'ordre public international
- Le demandeur n'a pas saisi le juge étranger dans l'intention frauduleuse d'obtenir une décision contraire à la loi française.
Procédure d'exequatur
Vous devez saisir le tribunal judiciaire par une assignation ou par requête conjointe.
L'avocat est obligatoire.
Le tribunal compétent est le tribunal judiciaire du lieu où demeure le défendeur, si son domicile est connu du demandeur.
Sinon, le tribunal compétent est celui du lieu où demeure le demandeur ou le tribunal de son choix si le défendeur demeure à l'étranger.
Si le défendeur n'a pas de domicile ni résidence connus, le demandeur peut saisir le tribunal du lieu où il demeure.
Le tribunal compétent peut aussi être celui de la situation de l'immeuble (par exemple dans une succession si l'immeuble est situé en France).
Tribunal judiciaire ou tribunal de proximité
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Ministère chargé de la justice
Attention
Les jugements rendus à l'étranger ne peuvent être appliqués en France que s'ils ont été notifiés.
Contestation de la décision
Vous pouvez faire appel de la décision d'exequatur rendue par le tribunal judiciaire.
L'assistance d'un avocat est obligatoire devant la cour d'appel.
À savoir
Si elle n'est pas exécutée volontairement par celui qui est condamné à payer, la décision peut faire l'objet d'une procédure d'exécution forcée par un commissaire de justice (saisie par exemple).
Faut-il un avocat pour obtenir l'exéquatur ?
Le recours à un avocat est obligatoire pour saisir le tribunal judiciaire d'une demande d'exéquatur.
En cas d'appel, vous devez également être représenté par un avocat.
Si vos ressources ne sont pas suffisantes, vous pouvez demander à bénéficier de l'aide juridictionnelle pour prendre en charge tout ou partie des frais d'avocat.
Services en ligne et formulaires
Qui peut m'aider ?
Textes de loi et références
- Faire reconnaître un divorce prononcé à l'étranger (nouvelle fenêtre)
- Code de procédure civile : articles 509 à 509-9 (nouvelle fenêtre)Exécution d'un jugement étranger
- Code de procédure civile : articles 42 à 48 (nouvelle fenêtre)Compétence territoriale du Tribunal judiciaire
- Code civil : article 6 (nouvelle fenêtre)Ordre public
- Code de l'organisation judiciaire : article R 212-8 (nouvelle fenêtre)Procédure en reconnaissance devant le tribunal judiciaire
- Instruction générale relative à l'état civil (Igrec) du 11 mai 1999 - Annexe (nouvelle fenêtre)Instruction générale sur l'état civil
- Règlement (CE) n°4/2009 du 18/12/2008 relatif à la compétence, la loi applicable, la reconnaissance et l'exécution des décisions et la coopération en matière d'obligations alimentaires (nouvelle fenêtre)Règlement en en matière d'obligations alimentaires
- Règlement (UE) 2019/1111 relatif à la compétence, la reconnaissance et l'exécution des décisions en matière matrimoniale et en matière de responsabilité parentale (nouvelle fenêtre)Règlement en matière matrimoniale et responsabilité parentale
- Règlement (UE) n°1215/2012 du 12 décembre 2012 concernant la compétence judiciaire, la reconnaissance et l'exécution des décisions en matière civile et commerciale (nouvelle fenêtre)Règlement en matière civile et commerciale
- Circulaire JUSC2315953C du 4 juillet 2023 relative à la compétence, la reconnaissance et l'exécution des décisions en matière matrimoniale et responsabilité parentale, et d'enlèvement international d'enfants (nouvelle fenêtre)Circulaire en matière de reconnaissance et exécution des décisionsMinistère chargé de la justice
Pour en savoir plus
- Faire reconnaître un divorce prononcé à l'étranger (nouvelle fenêtre)Ministère chargé de l'Europe et des affaires étrangères
- Reconnaissance des jugements sur la responsabilité parentale rendus en Europe (nouvelle fenêtre)Commission européenne
- Recouvrement créances alimentaires (nouvelle fenêtre)Ministère chargé de l'Europe et des affaires étrangères
Voir aussi
Définitions
- Exécution d'une décision de justice
Mise en application des mesures ou condamnations rendues par un juge dans une décision judiciaire
- Parties (au procès)
Personne qui est engagée dans un procès civil soit en tant que demandeur, soit en tant que défendeur
- Force exécutoire
Fait pour un écrit (décision de justice ou acte notarié) de pouvoir être exécuté avec l'aide de la force publique
- Demandeur (justice)
Personne engageant un procès et qui demande une réparation de son préjudice
- Requête
Écrit formalisé permettant de saisir un tribunal
- Expédition
Copie, duplicata. Par exemple, expédition d'un arrêté ou d'un contrat notarié.
- Notification
Formalité par laquelle un acte de procédure ou une décision est porté à la connaissance d’une personne
- Signification
Acte par lequel une partie informe son adversaire d'un acte ou d'une décision de justice par l'intermédiaire d'un commissaire de justice (anciennement huissier de justice et commissaire-priseur judiciaire)
- Défendeur (justice)
Personne contre laquelle une action en justice est engagée
- Titre exécutoire
Écrit permettant au créancier d'obtenir le recouvrement forcé de sa créance
- Créance
Droit permettant à une personne d'exiger quelque chose d'une autre personne, en général le paiement d'une somme d'argent. Terme souvent utilisé pour désigner la somme due.
- Créancier
Personne à qui l'on doit de l'argent ou la fourniture d'une prestation
- Débiteur
Personne tenue envers une autre d'exécuter une obligation (qui peut être le versement d'une somme d'argent)
- Dommages et intérêts
Somme d'argent destinée à réparer le préjudice subi
- Exequatur
Décision judiciaire autorisant l'exécution en France d'une décision rendue par un tribunal étranger ou une juridiction arbitrale
- Ordre public
Ensemble des règles et principes fondamentaux du droit
- Assignation
Acte du commissaire de justice (anciennement acte d'huissier de justice) informant une personne qu'un procès est engagé contre elle et la convoquant devant une juridiction
- Bien immeuble (ou immobilier)
Bien ne pouvant pas être déplacé (ex : terrain ou appartement) ou objet en faisant partie intégrante (ex : clôture du terrain)
Informations issues de Service-Public.gouv.fr (nouvelle fenêtre) – Direction de l'information légale et administrative (DILA), réutilisées sous licence ouverte Etalab 2.0. Données mises à jour le 28 octobre 2026. Voir cette page sur le site national (nouvelle fenêtre).