Rendez-vous « prévention » avec le président du tribunal
Fiche pratique
Vérifié le 17 juin 2026 – Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)
Le président du tribunal de commerce, du tribunal des activités économiques ou du tribunal judiciaire est investi d’une mission de prévention des difficultés des entreprises. Dans ce cadre, il peut convoquer le chef d'entreprise à un entretien lorsqu'il détecte des difficultés. On parle de l'alerte du président du tribunal. Par ailleurs, le chef d'entreprise peut demander spontanément un entretien avec le président du tribunal pour faire le point sur sa situation.
Sélectionnez votre situation :
Convocation à un entretien
Quand le président du tribunal convoque-t-il le chef d'entreprise ?
Le tribunal (de commerce ou judiciaire) a une mission de prévention des difficultés des entreprises. Il aide, accompagne, et oriente les chefs d'entreprise afin d'empêcher la survenance de la cessation des paiements.
Depuis le 1er janvier 2025, les tribunaux de commerce de 12 villes sont remplacés par des tribunaux des activités économiques (TAE) pour la prévention des difficultés des entreprises, pour le traitement des procédures de mandat ad hoc, de conciliation et des procédures collectives. Les tribunaux des villes suivantes sont concernés : Avignon, Auxerre, Le Havre, Le Mans, Limoges, Lyon, Marseille, Nancy, Nanterre, Paris, Saint-Brieuc et Versailles. Le ministère de la justice met à disposition un simulateur pour connaître le tribunal compétent :
Le président du tribunal a la possibilité de convoquer le chef d'entreprise pour un entretien « prise de conscience » s'il a des raisons de penser que l'entreprise traverse des difficultés. Il s'agit de difficultés économiques, financières ou juridiques qui peuvent compromettre la continuité de l'exploitation.
Les signaux révélateurs des difficultés de l'entreprise sont notamment les suivants :
- Fonds propres négatifs
- Inscriptions de privilèges de l'Urssaf et du Trésor public au greffe du tribunal : le privilège de l'Urssaf et le privilège du Trésor public sont des droits préférentiels qui permettent à l’Urssaf et au Trésor public d'inscrire leur dettes impayées auprès du greffe du tribunal lorsqu'elles dépassent un certain montant : 20 000 € pour l'Urssaf et 200 000 € pour le Trésor public.
- Défaut de dépôt des comptes annuels
- Perte de la moitié du capital et absence de régularisation consécutive à celle-ci
- Injonctions de payer à répétition
- Nombre important de sûretés mobilières (comme les privilèges et nantissements) enregistrées au registre des sûretés mobilières
À savoir
L'alerte est une procédure qui reste facultative de la part du président du tribunal.
Comment le président du tribunal convoque-t-il le chef d'entreprise ?
Le président du tribunal de commerce, des activités économiques ou judiciaire convoque le chef d'entreprise par lettre recommandée avec AR et par lettre simple. Cette convocation comprend une note dans laquelle il motive sa demande d'entretien.
La convocation est envoyée au moins 1 mois à l'avance.
Le chef d'entreprise se présente à l'entretien ou refuse de s'y rendre.
Comment se déroule l'entretien ?
Le chef d'entreprise doit se présenter en personne à l'entretien. Il a la possibilité de se faire assister par un avocat ou un expert-comptable.
Durant l'entretien, le président du tribunal s'informe de la situation de l'entreprise et demande au dirigeant quelles sont les mesures envisagées pour redresser la situation de l'entreprise. Il informe également le dirigeant de l’existence de différentes procédures préventives comme le mandat ad hoc et la procédure de conciliation.
Cet entretien est confidentiel. Un procès-verbal est établi mais il mentionne uniquement la date, le lieu ainsi que l'identité des personnes présentes.
À la fin de l'entretien, différentes situations peuvent se présenter :
- Les mesures envisagées par le chef d'entreprise apparaissent suffisantes, ou la continuité de l'exploitation n'est pas compromise. Aucune suite n'est donnée à l'entretien et le dossier est classé.
- Il apparâit nécessaire d'obtenir du chef d'entreprise des éléments complémentaires ou des indications sur les mesures de redressement qu'il envisage. Un rendez-vous est pris pour un nouvel entretien.
- Le chef d'entreprise prend conscience de la gravité de la situation et fait part de son intention de demander la nomination d'un mandataire ad hoc ou d'un conciliateur.
Attention
Le président du tribunal ne peut pas obliger le dirigeant à désigner un mandataire ad hoc ou à ouvrir une procédure de conciliation.
Que se passe-t-il en cas de non-présentation à l'entretien ?
Si le dirigeant ne ne se présente pas, un procès-verbal de carence est établi le jour même par le greffier du tribunal.
Cependant, le président du tribunal peut informer le ministère public s'il a connaissance d'éléments justifiant les conditions d'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire ou de liquidation judiciaire. Le ministère public peut alors demander l'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire ou de liquidation judiciaire.
Quels sont les pouvoirs d'enquête du président du tribunal ?
Le président du tribunal dispose de 3 mois à compter de la date d'envoi de la convocation pour se renseigner sur la situation économique et financière de la société.
Il peut adresser sa demander de renseignements aux personnes ou organismes suivants :
- Commissaires aux comptes (CAC)
- Membres et représentants du personnel
- Administrations publiques (administration fiscale)
- Organismes de sécurité et de prévoyance sociale
- Services chargés de la centralisation des risques bancaires et incidents de paiements
Demande de rendez-vous
Un chef d’entreprise en difficulté peut demander spontanément un entretien au président du tribunal. Cet entretien est gratuit, anonyme et confidentiel.
Quel président du tribunal est compétent ?
Le tribunal a une mission de prévention des difficultés des entreprises. Il peut mettre en place un certain nombre de mesures destinées à empêcher la survenance de la cessation des paiements.
Le chef d'entreprise peut s'adresser spontanément au président du tribunal. Le tribunal compétent dépend de l'activité exercée :
Sélectionnez votre cas :
Activité commerciale et artisanale
Le président du tribunal de commerce est compétent pour agir auprès des entreprises ayant une activité commerciale et artisanale.
Greffe du tribunal de commerce ou du tribunal des activités économiques
Tribunal de commerce d'Angoulême
13 RUE PLACE DU CHAMPS DE MARS
16000 ANGOULEME
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Infogreffe
Depuis le 1er janvier 2025, les tribunaux de commerce de 12 villes sont remplacés par des tribunaux des activités économiques (TAE) pour la prévention des difficultés des entreprises, pour le traitement des procédures de mandat ad hoc, de conciliation et des procédures collectives. Les tribunaux des villes suivantes sont concernés : Avignon, Auxerre, Le Havre, Le Mans, Limoges, Lyon, Marseille, Nancy, Nanterre, Paris, Saint-Brieuc et Versailles. Le ministère de la justice met à disposition un simulateur pour connaître le tribunal compétent :
À savoir
Chaque tribunal de commerce (ou tribunal des activités économiques) est doté d’un juge délégué à la prévention et d’une cellule de détection et de prévention avec laquelle il est possible d’obtenir un rendez-vous en moins de 24 heures.
Activité libérale
Le président du tribunal judiciaire est compétent pour agir auprès des entreprises ayant une activité libérale.
Tribunal judiciaire ou tribunal de proximité
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Ministère chargé de la justice
À noter
Les avocats, administrateurs judiciaires, mandataires judiciaires ou officiers publics ou ministériels (notaires, commissaires de justice, etc.) ne peuvent pas être convoqués par le président du tribunal judiciaire en cas de difficulté. Cependant, le président du tribunal judiciaire peut informer l'ordre professionnel des difficultés rencontrées par ces entreprises.
Comment obtenir un rendez-vous ?
Pour obtenir un rendez-vous auprès du président du tribunal, le chef d'entreprise a 2 possibilités :
- Écrire à l'adresse suivante : prevention@tribunal-de-commerce.fr
- Effectuer une saisine via le tribunal digital :
Lors du rendez-vous, le chef d’entreprise peut être accompagné de son expert-comptable ou d’un conseil. Il est utile de constituer un dossier explicatif.
Quel est l'objectif du rendez-vous ?
Le rendez-vous avec le président du tribunal permet de faire le point sur la situation de l'entreprise.
Le président du tribunal cherche ensuite une solution adaptée. Celle-ci peut consister en la nomination d'un mandataire ad hoc ou d'unconciliateur.
Services en ligne et formulaires
Textes de loi et références
- Code de commerce : article L611-2 (nouvelle fenêtre)Convocation du dirigeant par le président du tribunal de commerce suite à des difficultésLegifrance
- Code de commerce : article R611-10 (nouvelle fenêtre)Envoi d’une lettre avec AR pour convoquer le chef d’entreprise
- Code de commerce : article R 611-11 (nouvelle fenêtre)Établissement d’un procès-verbal par le président du tribunal
Pour en savoir plus
- Dispositifs de prévention des difficultés (nouvelle fenêtre)Greffe du tribunal des activités économiques de Paris
Voir aussi
- Alerte et détection des difficultés d'une société
- Alerte et détection des difficultés d'un entrepreneur individuel
- Dépôt des comptes annuels d'une société
- Réduction de capital social motivée par des pertes
- Mandat ad hoc
- Procédure de conciliation
- Redressement judiciaire de l'entrepreneur individuel et du micro-entrepreneur
- Redressement judiciaire d'une société
- Liquidation judiciaire d'un entrepreneur individuel (y compris micro-entrepreneur)
- Liquidation judiciaire d'une société
Définitions
- Cessation des paiements
Situation où la trésorerie dont l'entreprise dispose n'est plus suffisante pour régler ses dettes. Dans ce cas, l'entreprise doit effectuer une déclaration de cessation des paiements, appelée dépôt de bilan, auprès du tribunal de commerce (ou du tribunal des activités économiques) ou du tribunal judiciaire.
- Procédure collective
Procédure destinée aux entreprises qui ont des difficultés financières. Il existe plusieurs procédures selon la situation de l'entreprise et la gravité des difficultés rencontrées : sauvegarde, redressement judiciaire ou liquidation judiciaire.
- Fonds propres
Comprennent les capitaux propres, c'est-à-dire les sommes versées par les associés ou actionnaires et les résultats accumulés et non distribués en dividendes au fur et à mesure des exercices, auxquels s'ajoutent les autres fonds propres (avec le montant des émissions de titres participatifs et les avances conditionnées).
- Privilège
Garantie qui permet à un créancier d'être payé en priorité en cas de non-paiment de la créance. Par exemple, le titulaire d'une hypothèque sera payé en priorité sur le prix de vente de l'immeuble sur lequel son hypothèque est inscrite. L'inscription de privilège se fait auprès du greffe du tribunal de commerce ou du tribunal judicaire.
- Nantissement
Contrat par lequel le débiteur affecte un bien dont il a la propriété en garantie du règlement de sa dette, sans en être dépossédé.
- Parquet (ou ministère public)
Corps de magistrats représentant les intérêts de la société devant les juridictions
- Redressement judiciaire
Procédure collective mise en place pour tenter de sauver une entreprise en état de cessation des paiements. Elle permet de mettre en place un plan de redressement (ou plan de continuation), qui prévoit le gel des dettes, le rééchelonnement des paiements et la réduction ou la remise de dettes.
- Liquidation judiciaire
Procédure collective qui intervient lorsque l'espoir de redressement est écarté ou lorsque le plan de redressement a échoué. Dans la majorité des cas, la liquidation judiciaire entraîne l'arrêt définitif de l'activité de l'entreprise et la vente des biens de l'entreprise.
- Administrateur judiciaire
Mandataire chargé, par décision de justice, d'administrer les biens d'autrui ou d'exercer les fonctions d'assistance ou de surveillance dans la gestion de ces biens. Il est nommé dans les procédures de sauvegarde, de redressement judiciaire et de liquidation judiciaire. Sa désignation est obligatoire dans les procédures de sauvegarde et de redressement judiciaire lorsque l'entreprise a plus de 20 salariés et un chiffre d'affaires hors taxes supérieur à 3 000 000 d'euros.
- Mandataire judiciaire
Nommé par le tribunal pour représenter et défendre les intérêts des créanciers lorsqu'une entreprise est en procédure collective.
Informations issues de Service-Public.gouv.fr (nouvelle fenêtre) – Direction de l'information légale et administrative (DILA), réutilisées sous licence ouverte Etalab 2.0. Données mises à jour le 28 octobre 2026. Voir cette page sur le site national (nouvelle fenêtre).